mardi 17 septembre 2013
La Gogosphère en émoi
Lu il y a deux jours un commentaire sur un forum qui m'a fait hautement sourire.
Au débat vertueux des nonces de la pensée sécuritaire que relaie la populace aux abois, fusil au côté, taser chargé et talkie-walkie à la main, un coquin de la méchante gôche utopique rétorquait, à la dénonciation du laisser-faire de ces bobos des beaux quartiers qui ne connaissent la banlieue que par l’œil troublé d'un myope journaliste d'une chaîne publique et conséquemment révolutionnaire, qu'il y avait des bobos uniquement parce qu'il y avait des gogos toutes voiles dehors prêts à la moindre incartade pour peu qu'un grateux de la presse aéronautique soit présent et trempe sa plume dans les glandes lacrymales de la bienpensance lepeniste.
Vous remarquerez qu'une fois les "universités" du FN, les quelques répliques nauséeuses du papa-borgne, les interventions de deux ou trois "militants" choisis au hasard, blonde étudiante avenante et jeune, vieille marquise à la coiffure impeccable, ouvrier métallurgiste de préférence brun et hâlé, une fois la réitération, heures après heures, des discours sans fin de la carnassière au rictus toujours plus hargneux, les seuls sujets dont nous abreuvent les chaînes d'information sont consacrés aux évènements antipodiques, extra-continentaux et d'une insipidité telle que tout le monde gagne les toilettes, part faire sa vaisselle ou va se servir un verre en attendant avec voracité le retour de la blondasse au cul cassé par ses frasques piscinières estivales.
Seules quelques images cauchemardesques des égoutiers de la droite dite classique, comme si l'autre était moderne, viennent trahir le train-train bien rôdé de la propagande. C'est alors qu'on voit le châtelain sarthois jouer de la photocopieuse, le chauve au croissant s'insurger du lèse-majesté, les jeunes loups grisonnants étaler leurs détritus ultra-libéraux, les décrépis oubliés jongler de la morale ou des principes et quelques socio-traitres défraichis et baveux nous rappeler qu'il y avait au temps jadis des valeurs dans notre beau pays de France.
Les gogos encaissent, approuvent, renâclent, pestent, vilipendent et s'ils pensent que c'était mieux avant, sont décidés à ce que tout change et qu'on allait voir ce qu'on allait voir, la Martine à la plage allait nous faire évoluer tout ça. Parce qu'il ne faut jamais oublier que pour nos jocrisses accros du PAF, si TF1 le dit, il doit y avoir du vrai, la preuve le village de Pernaud du 12 avril, ils l'ont visité et il est tel qu'à la télé.
Et donc, nos volatiles des villes entérinent, pouvoir d'achat, impôts, insécurité... Ah ! La superfétatoire insécurité, celle dont tous s'enivrent, subissent les affres, ressentent les effluves, pensez donc, tout le monde connait un voisin dont le cousin du frère de la tante a entendu dire que l'ami du patron de la factrice a été la victime, il y a six mois, alors qu'il comptait ses billets retirés nuitamment au distributeur d'une ruelle obscure et crasseuse d'une banlieue lointaine et brumeuse.
Ainsi nos poires enregistrent, douze morts ici, enfin à quelques milliers de kilomètres, un mort par là, enfin dans une autre ville, un stop grillé, et le gamin d'à côté qui tire la langue, mais que fait la police, toujours au carrefour quand il roule bourré mais absente au moindre reflet d'un colt quarante cinq façon Maghreb et turban. Décidément, ces politiques sont bons à rien, la bonne dame de Saint Cloud va nous les virer ces incapables, remettre de l'ordre, faire un grand nettoyage de printemps et à sec, s'il vous plait, parce qu'elle le dit, les étrangers ont les dents qui trainent, le couteau à la main, l’œil patibulaire et la femme voilée, ils ne peuvent qu'être responsables avec leurs caravanes et leurs voitures de rêves, ces mendiants laveurs de vitres et sans dieu. Elle va nous les virer avec pertes et fracas, et s'il faut, donner du canon, de la garde nationale et de l'enfumage à gogo...
Parce qu'elle n'est pas politique notre Sainte Jehanne de Lourdes...
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